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Décalé
La chronique de Yo en AFSud : Retour sur les lieux du crime...Bien décidé à connaitre toute la vérité et rien que la vérité sur le séjour des bleus en Afrique, Yo a décidé de mener l'enquête au désormais célèbre Pezula Resort Hôtel. Manqué, le stagiaire de la rédaction de Footengo a fait chou blanc avec un personnel beaucoup plus professionnel que les joueurs qui ont fréquenté les lieux ces derniers temps...
Deux jours groggy, à gamberger, presque KO, comme déprimé... et puis, ce matin, la colère qui prend le dessus et me pousse à enquêter. Sincèrement, je ne sais pas vraiment ce qui a provoqué cette colère. Peut-être cette maudite douche qui refuse de bien fonctionner et s'amuse, un brin sadique, à m'envoyer régulièrement de l'eau glacée. Ou ce petit-déjeuner si maigrichon... problème - m'a-t-on dit dans mon guest-house - de livraison. Quoiqu'il en soit, le Jonathan Hart qui sommeille en moi (j'aurais pu dire Colombo, mais je suis persuadé que sa femme est moins excitante que Jennifer) s'est brutalement réveillé...
Direction, donc, le fameux Pezula Resort Hôtel. L'hôtel des Bleus. Le lieu du crime. Premières impressions et premières surprises : aucune odeur du sang, juste celle de l'argent. Remarquez, si l'heure est au grand nettoyage à la Fédération, il en est également de même ici depuis la piteuse élimination de nos Tricolores. Officiellement, d'ailleurs, l'établissement n'ouvre de nouveau ses portes que ce week-end. Enfin... Début de l'enquête à l'accueil. Là, on me fait des sourires, on me souhaite la bienvenue, mais on refuse de m'indiquer très clairement quels étaient les principaux lieux de vie de nos formidables joueurs. « De toute façon, il y a pas mal de pièces qui n'étaient pas agencées de la sorte; aujourd'hui, on est revenu à l'organisation classique », s'excuse une des hôtesses. Celle-ci a visiblement bien appris la leçon de Raymond, alors je fonce au bar. Désolé, je ne peux rien dire...
« Là où les verres se vident et où les langues se délient », m'a confié un jour le rédacteur-en-chef de Footengo... Le hic, c'est que la barwoman, elle, n'a absolument rien bu. Elle avait pourtant répondu à ma première question. Pas la plus féroce, je vous l'accorde. Mais on m'a toujours appris qu'il fallait mettre son interlocuteur en confiance.
- Alors, ça s'est bien passé avec l'équipe de France ? - Oui, tout le monde était très gentil ! J'enchaîne : - Mais quelle était l'ambiance entre les joueurs ? Sentiez-vous des clans ? - Oh, je suis désolé, mais je ne peux rien dire. J'ai compris. L'interview est déjà finie. Or, je n'ai toujours rien appris ! J'ai peut-être fait la gaffe de lui dire que j'étais journaliste... Après quelques détours dans l'hôtel, me voici dans la salle de restaurant où j'imagine le bruit des couverts dans un silence pesant. Un peu plus loin, le jardin japonais où certains « caïds » - c'est Roselyne qui l'a dit ! - devait comploter et fomenter une énième fronde sur la terrasse. Et moi qui croyais que les jardins japonais favorisaient la zénitude ! Je décide d'opter pour plus de discrétion, de ranger l'appareil photo et de tenter ma chance au club house du golf. Je commande un café au serveur et engage avec lui la conversation. Lui, non plus, n'est pas très loquace. La preuve, il a bien vu des Bleus venir taper la balle sur le practice ou sur le putting-green, parfois, mais il ne sait bien sûr pas qui. Evidemment, il ne leur a jamais parlé et, naturellement, aucun de ses collègues de travail ne lui a confié le moindre secret... En jargon journalistique, on appelle ça faire « choux banc ». Enfin, heureusement que les joueurs français nous ont promis le grand déballage. Parce qu'au Pezula Hôtel, désolé, les consignes de discrétion continuent d'être scrupuleusement respectées. Ah, si notre équipe de France avait pu être aussi grandiose et professionnelle que son hôtel ! De notre envoyé spécial en Afrique du Sud Yo Samedi 26 Juin 2010
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